6. Déterminer la rentabilité – Le compte de résultat
Jusqu'à présent, nous avons pris des photos des finances de l'entreprise, et nous avons vu, notamment, qu'elle se procurait des ressources d’autofinancement en faisant des bénéfices (c'est mieux !).
Par contre, nous n'avons pas vu comment elle réalisait ces bénéfices :
BENEFICE = VENTES - ACHATS
 
Commentons :
Les ventes, c'est tout ce que nos clients achètent. On facture, ou on établit un ticket de caisse, ou une note d'honoraire, bref ce sont ce qu'on appelle parfois les recettes ou le chiffre d'affaires ou plus généralement les produits (des ventes).
Dans un prévisionnel, on détaille les ventes par produit ou activité (selon marges, volume de ventes, prix de vente unitaire, client…). Ce qui permet une analyse plus fine de chaque activité et de sa participation au CA.
Les achats, c'est plus compliqué. On pourrait dire que ce sont les coûts d'achats des marchandises qu'on a vendues aux clients. Oui, sauf que lorsqu'on vend des services, on n'achète pas de marchandises, ou peu. Par contre, on a des salaires à payer, charges de fonctionnement, des cotisations et des impôts à payer. Ces sommes doivent être soustraites des ventes pour donner le bénéfice réel perçu par le responsable de l'entreprise. L’ensemble est qualifié de dépenses ou charges.
La formule ci-dessus doit être alors :
BENEFICE = PRODUITS - CHARGES
 
Le bénéfice pouvant être parfois une perte (si les charges sont supérieures aux produits), bénéfice et perte sont qualifiés par le terme générique  de résultat.
Dans les comptes de résultats comptables et légaux, on tient compte de la variation des stocks pour trouver le coût des marchandises vendues. Dans un prévisionnel, on suppose que le stock reste constant et qu’on achète exactement ce qui va être vendu dans l’exercice.
On présente alors le tout sous forme d'un tableau qui est le COMPTE DE RESULTAT.
Dans ce tableau, les charges sont classées par type comme indiqué ci-dessous :
 compte de resultat
(*) Rappel Amortissement : Lorsqu'un bien d'investissement acheté par l'entreprise dépasse 500 € HT et que sa durée de vie est supérieure à 1 an (bien durable), le fisc nous oblige à "l'amortir", c'est-à-dire que le montant de l'achat ne doit plus être passé en charge en totalité sur l'année en cours, mais réparti sur plusieurs exercices en fonction de sa durée. Exemple : une camionnette de 15000 € est amortissable en 5 ans, et donc la "dotation" annuelle d'amortissement sera de 3000 €.
Le résultat exprime la rentabilité de l'entreprise.
Question : Les montants des produits et charges sont-ils portés HT ou TTC ?
Réponse : Les montants sont tous indiqués HT, car la TVA n'est pas un produit ni une charge – Elle ne fait que transiter par l'entreprise qui la reverse au fisc. Dans le cas des micro-entreprises, des micro-entrepreneurs et de la plupart des associations, il n’y a pas de TVA.
  
Le résultat est aussi, pour simplifier, la base de l'imposition. Pour un entrepreneur individuel, il constitue son revenu imposable au taux de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Pour une société, il constitue le bénéfice imposable au taux de l'impôt sur les sociétés.
Le résultat ainsi défini est réintroduit dans les fonds propres du bilan de l'entreprise  ou du plan de financement comme indiqué au § 2.4.  On conçoit que si le résultat est du bénéfice, l'entreprise augmente ses ressources financières, et que si c'est une perte, elle vient diminuer les fonds propres et son autofinancement, diminuant progressivement ses ressources si les pertes sont récurrentes, jusqu'à la mettre éventuellement en danger. Il faut donc surveiller en permanence à la fois ses produits (son chiffre d'affaires) et ses charges pour garantir un résultat bénéficiaire.
Question : A quel moment comptabilise-t-on les produits ou les charges ?
Réponse : Pour résumer, les prestataires de services comptabilisent les produits (recettes) ou charges (dépenses)  lorsqu'ils sont payés. Pour les autres, les produits ou les charges sont comptabilisés lorsqu'une facture est émise (et donc pas obligatoirement réglée). On comprend que ces comptabilités très différentes peuvent induire des comportements ou des stratégies aussi très différentes.
On peut représenter le compte de résultat en ligne, comme dans le prévisionnel PréviTab, et afficher ainsi 3 années côte à côte.